Ça s’appelle l’autisme, je ne m’adapterai jamais et c’est enfin une bonne nouvelle !





Je voulais faire une vidéo pour exprimer ce que les classes X-Men® m’avaient toutes apportées et à quel point elles avaient radicalement permis à ma vie de changer.


Je me prépare, je branche la caméra et je commence à vouloir parler…


Mais ce qui sort de mon corps ce ne sont pas des mots, mais des larmes, d’énormes larmes.


Je m’essuie, je remets une couche de maquillage, je tente de cacher mes larmes et je me remets devant la vidéo.


Allez, ça va le faire, c’est quoi ce drama, cache tes larmes et fais cette vidéo !


Et je me redis encore une fois, mais cache ça !


Cacher… voilà le mot qui a tout déverrouillé d’un seul coup et qui s'est accompagné de ce fleuve de larmes.


Cacher, cacher, cacher…


Mais cacher quoi ?


Cacher à tout le monde que je passais des heures avec mes mains sur les oreilles à me balancer d’avant en arrière.


Cacher que parfois les bruits et les sons pouvaient être de vraies agressions pour mes oreilles et mon Univers.


Cacher que je ne supportais pas être touchée et que ça me faisait hurler de l’intérieur.


Cacher que je me réveillais au milieu de la nuit parce que je voyais, j’entendais, je sentais des choses qu’apparemment personne autour de moi ne voyait, entendait ou sentait.


Cacher que parfois je devais me mettre à bouger et faire certains gestes répétitifs et très rapides sinon j’avais l’impression de mourir ou qu’un grand malheur allait arriver au monde.


Cacher mes tocs, comme: mémoriser tous les numéros de plaques de voiture sur le chemin de l’école, tout compter dans les pièces, regarder tout ce qui a la même taille et les ranger ensemble et d’apprendre à le faire dans ma tête pour pas que les gens s’en rendent compte.


Cacher au gens que je ne comprends pas la moitié de ce qui sort de leur bouche et que je peux enregistrer des conversations entières au mot près dans ma tête sur plusieurs années pour savoir comment être avec ces gens et quoi dire quand je les vois. Et devenir folle de rage quand ils reparlaient de la même chose mais avec une variation ou une fin différente de la même histoire.


Cacher que parfois je devais écouter une chanson 400 à 800 fois avant de pouvoir en écouter une autre ou regarder un film 30 fois.


Cacher aux enseignants ou aux formateurs d’adultes quand ils me disaient que je n’étais pas présente que je pouvais les écouter en étant physiquement dans la classe et être en même temps en train de jouer ou me promener dans le parc derrière la fenêtre. Ne pas leur montrer que ce qu’ils répètent 2 fois m’agaçait parce que je l'avais déjà enregistré dans ma tête.


Cacher pour ne pas être jugée de malade, de folle, de bizarre, d’inadaptée. Ce que les gens faisaient de toute manière.


Apparemment, j’ai appris très vite à cacher ce truc qu’un médecin un jour avait nommé autisme avec une alignée d’autres diagnostiques.


J’ai gardé en mémoire des années cette conversation qu'avait eu ce médecin avec moi.


L’essence de cette conversation était que j’allais souffrir toute ma vie et que je serai très seule, malheureuse et que je ne m’adapterai jamais.


Donc a démarré ma lutte pour ne pas souffrir seule, malheureuse et inadaptée et j’ai commencé à élaborer des stratégies absolument incroyables, d’adaptations de torsions et d’auto-abus pour ne plus jamais être autiste.


C’est seulement aujourd’hui que je